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Présence

Série Présences, 2026

Bois, feuilles de cuivre, papier,

Taille variable​

​Ce travail prend appui sur la forme de l'icône — non comme image religieuse, mais comme dispositif de présence. L'icône est l'un des rares objets que l'histoire de l'art ait produit non pour représenter, mais pour faire advenir : elle n'est pas une image du sacré, elle en est le passage. Entre le monde transcendant et le monde visible, elle ouvre un seuil. C'est cette structure — ce dispositif de franchissement — qui m'intéresse, indépendamment de tout contenu religieux.

Dans une société où l'image est partout et pourtant banalisée au point que nous ne percevons plus sa force d'impact, l'icône propose une alternative : une image qui ne cherche pas à décrire, mais à créer les conditions d'une présence. Pour entrer en contact avec elle, nous sommes contraints de nous reconnecter à notre ressenti, à l'instant pur. Elle s'adresse à nous depuis une temporalité différente — un présent sans durée, superposé au temps ordinaire, toujours là, rarement perçu.

Les images qui composent cette série proviennent de photographies prises lors de rencontres avec des arbres et des lumières particulières. Elles ne sont pas utilisées comme des images à conserver, mais comme une matière à transformer. Par différents gestes — fragmentation, perforation, retrait partiel — l'image se rapproche d'une sensation plutôt que d'une représentation. Elle cesse de montrer pour commencer à faire ressentir.

Cette transformation engage un rapport au temps non linéaire. Plusieurs temporalités s'y superposent : le moment de la prise de vue, les temps longs de fabrication et de méditation, et le temps du regardeur. La lumière joue un rôle central — les surfaces métalliques réagissent à la lumière du moment et modifient constamment la perception de l'œuvre, lui conférant une vie propre, toujours en cours. L'œuvre n'est pas fixée dans un instant : elle se construit en couches, elle continue de vivre après.

L'usage de la feuille de cuivre dit quelque chose d'essentiel sur ce glissement. Si elle évoque visuellement la feuille d'or et son héritage sacré, le cuivre introduit une autre logique : matériau vivant, sujet à transformation, il inscrit l'image dans le temps et dans la matière. Ce déplacement est au cœur du projet — passer d'un sacré transcendant à un sacré immanent. Les figures religieuses sont remplacées par des éléments naturels : les arbres, la lumière, la matière vivante. La nature devient le lieu du sacré — non comme symbole, mais comme présence à éprouver.

Accessible à chacun par un geste d'attention.

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